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Strasbourg, le 13 septembre 2017

Communiqué de presse

Claude ROLIN
Député européen

État de l’Union: répondre à l’urgence sociale

Le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a tenu ce jour son discours annuel sur l’état de l’Union européenne. Cette déclaration de politique générale, baromètre de la situation actuelle, dresse le bilan de l’action de l’UE durant l’année écoulée, et présente surtout la vision de l’Europe à construire dès demain.

Alors que l’économie européenne retrouve des couleurs peu à peu, Claude Rolin insiste pour que des mesures concrètes permettent d’atteindre le « Triple A social » prôné par la Commission en début de législature : « Nous sommes à un moment charnière de l’histoire de l’Union européenne. Comme l’a dit Jean-Claude Juncker ce matin, cette fenêtre d’opportunité ne sera pas toujours ouverte. Non seulement il faut consolider l’UE, mais il nous appartient même de la réinventer, car la donne a changé notamment suite au Brexit. La construction européenne ne peut se poursuivre sans une véritable empreinte sociale. Il faut établir une convergence progressive des droits sociaux au sein des différents États membres et tirer ceux-ci vers le haut. »

Dans l’optique du Sommet de Göteborg sur les droits sociaux, prévu le 17 novembre 2017, Claude Rolin insiste sur la nécessité de concrétiser les mesures du Socle européen des droits sociaux: « Nous ne pouvons plus nous contenter d’énoncer de bonnes intentions: les salariés et allocataires sociaux européens attendent des changements concrets. Dans la limite des compétences européennes, Il faut agir sur le marché de l’emploi. Nous devons sécuriser les parcours et accompagner les transitions professionnels; à la flexibilité à tout-va, préférer la flexisécurité.» De plus, il est nécessaire d’aboutir rapidement à une révision de la directive sur le détachement des travailleurs, guidés par la nécessité d’assurer de mêmes conditions de travail et de rémunération pour l’exercice d’un même emploi. Cela ne sera pas possible sans supervision à l’échelon européen, aussi Claude Rolin se réjouit-il de l’annonce de la création d’une autorité européenne du marché de l’emploi chargée de contrôler le respect des règles; de même que de l’accent mis par le Président de la Commission sur la nécessité de mettre tous les moyens en oeuvre pour aider accompagner et développer l’industrie manufacturière dans une optique de création d’emplois. « Mais il ne faudrait pas que la montagne accouche d’une souris! La Commission doit être à l’écoute du Parlement européen et des partenaires sociaux. Tant le patronat que les syndicats appellent de leurs voeux la relance de la politique industrielle. Des propositions législatives devront émerger suite au prochain sommet social tripartite. » 

Le Président de la Commission a également insisté sur la nécessité de défendre les secteurs stratégiques, comme Claude Rolin, s’en inquiète régulièrement au sein de la commission de l’Emploi: « Il faut réaffirmer cette volonté politique. Au lendemain de la crise, plusieurs multinationales du secteur sidérurgique ont fait le choix de fermer certains sites en Europe et même de démanteler des outils, pour limiter, selon elles, la surproduction mondiale. Cette destruction des capacités de production d’acier en Europe est un des meilleurs exemples de la nécessité de protéger nos industries. »

« La concurrence mondiale est rude et il est d’autant plus contre-productif qu’une concurrence déloyale ait cours au sein même de l’Union européenne. Les écarts sociaux et salariaux entre pays de l’est et de l’ouest agissent comme des freins au progrès. Il faut favoriser le développement endogène de l’économie de ces pays, plutôt qu’ils ne soient, comme aujourd’hui, source de main d’oeuvre bon marché. Des réformes importantes devront être menées pour que l’Europe sociale ne soit pas un vœu pieux ce dans toutes les régions d’Europe afin d' »empêcher notre continent de suffoquer ». »

L’Union européenne doit progressivement gommer les divergences et inégalités et mettre en place des mécanismes de coordination des politiques et des instruments financiers au service du modèle social européen. Les crises successives et défis à venir (mondialisation accrue, changement climatique, migration, vieillissement, faibles taux de natalité, pénurie de ressources naturelles…) ne peuvent empêcher une convergence sociale vers le haut. Celle-ci nécessite non seulement les intentions mises en avant par l’exécutif européen aujourd’hui, mais surtout des actions concrètes mises en oeuvre avec le concours des États membres au nom d’un intérêt commun.

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