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 Stratégie industrielle de l’UE : une vision et des moyens communs

 Lors de la session de juillet, le Parlement européen a adopté une résolution visant « L’élaboration d’une stratégie ambitieuse de l’UE en tant que priorité stratégique pour la croissance, l’emploi et l’innovation en Europe ». La réussite de ces objectifs nécessite l’engagement des États membres dans une seule et même direction, en y consacrant les moyens nécessaires.

Au cours des vingt dernières années, la contribution de l’industrie européenne au PIB de l’Union a chuté de 19% à moins de 15,5%. Ce recul s’explique notamment par la crise financière, mais également par la priorité accordée par l’Union, durant des années, à l’économie de services, au détriment de l’activité industrielle.

Un emploi européen sur cinq provient du secteur de l’industrie, mais les fermetures d’entreprises se succèdent partout en Europe. Une situation intenable, tant sur le plan social qu’économique. Seule une politique industrielle ambitieuse et commune au niveau européen, pourra permettre d’inverser la tendance et de réussir la nécessaire mutation de l’industrie européenne.

Il faut permettre la réindustrialisation de l’Europe afin de donner un coup de fouet à l’économie réelle. Cela nécessite des engagements communs à l’échelle européenne, notamment sur le plan budgétaire pour protéger nos industries de base (secteurs sidérurgiques, de la construction, etc.), et des investissements dédiés aux produits à haute valeur ajoutée, innovants, durables, et économes en énergie, pour accompagner la transition et rester compétitifs.

Plus de la moitié des exportations européennes et environ 65% des investissements dans la R&D » concernent l’industrie. Il faut maintenir l’objectif de 20% du PIB de l’Union provenant de l’industrie d’ici 2020, même si on sait d’ores et déjà que cela sera difficile à atteindre. La mise en commun de moyens financiers supplémentaires me parait essentielle de même que ces différents points:

  • Permettre une concurrence équitable grâce à de nouvelles règles antidumping : exiger le respect de mêmes règles au niveau mondial, notamment en dépassant, comme le propose le Parlement européen, les propositions de la Commission européenne concernant les nouvelles règles sur le calcul des droits de douane, notamment dans le cadre des produits venant de Chine, et assurer une capacité de production d’acier européen ;
  • Mettre fin au dumping social au niveau européen, en adoptant notamment sans délai la directive sur détachement des travailleurs et ainsi assurer une saine concurrence au sein du marché unique;
  • Permettre l’émergence de champions industriels européens, en modifiant les règles de concurrence et en y consacrant des moyens financiers supplémentaires ;
  • Redynamiser le dialogue social, pour garantir l’intérêt commun en impliquant chaque acteur dans la définition des objectifs stratégiques. Il est nécessaire de rassembler les partenaires sociaux européens actifs dans les secteurs de l’industrie afin de les associer à cette politique industrielle européenne ;
  • Soutenir la Recherche & Développement mais aussi la commercialisation de nouveaux produits industriels, étape souvent coûteuse et pourtant crucial pour les entreprises ;
  • Respecter les engagements climatiques ambitieux et accompagner les entreprises, afin qu’elles puissent s’y conformer.

Le tout n’est pas d’avoir une vision commune. Il faut se donner les moyens de ses ambitions. Les États membres doivent confier à l’Union européenne une partie de leurs prérogatives pour consacrer l’intérêt commun (formation, chaines de valeur communes, synergies, etc.) et consentir à des moyens complémentaires par le biais d’une intégration budgétaire au niveau européen. C’est la position que je défends au sein de la Commission de l’Emploi et des Affaires sociales du Parlement.

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