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Bruxelles, le 17 novembre 2017

Communiqué de presse

Sommet de Göteborg: l’urgence sociale

Les dirigeants des Etats membres se réunissent à Göteborg pour y adopter le Socle européen des Droits sociaux. Un Sommet européen consacré aux thématiques sociales a grande valeur symbolique, mais il ne peut se résumer à une déclaration de bonnes intentions. Face à la montée des populismes et de l’euroscepticisme, l’Union européenne doit retrouver le chemin d’une ambition sociale et donner une place centrale au dialogue social.

Claude Rolin se réjouit que l’Union européenne mette l’Europe sociale sous les projecteurs en enjoignant les représentants des 28 Etats membres à adopter le Socle européen des Droits sociaux. Cette proclamation interinstitutionnelle sur 20 droits et principes sociaux doit permettre de renforcer la dimension sociale du projet européen au travers de trois axes, l’égalité des chances et l’accès au marché du travail les conditions de travail ainsi que la protection et l’inclusion sociale.

Ce Sommet s’inscrit dans la lignée de l’adoption, par le Parlement européen, du rapport relatif au Socle européen des droits sociaux en janvier dernier. Il est essentiel que chaque Etat membre s’implique dans le renforcement du modèle social européen et, par conséquent, que ces engagements soient traduits en de nouvelles mesures législatives réunies dans un plan d’actions et un échéancier.

Pour tendre vers le « Triple A social » prôné par le Président de la Commission européenne en début de législature, il faut organiser dans les textes la convergence progressive des droits sociaux au sein des différents Etats membres et la Commission doit en être le moteur. Pour Claude Rolin: « Il faut tirer les droits sociaux vers le haut en y consacrant de nouveaux moyens financiers. Ceux-ci pourraient provenir notamment du renforcement de la lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscales. »

Mettre l’aspect social et l’aspect économique sur un pied d’égalité suppose d’introduire un protocole social dans les traités et de relancer le dialogue social au niveau européen.

Sur le plan de l’emploi, un encadrement législatif est indispensable pour réguler les nouvelles formes de travail issues de l’ère numérique et de l’économie collaborative pour que ces pratiques n’affaiblissent pas la protection des travailleurs des différents secteurs.

Seul un engagement des Etats membres sur proposition de la Commission permettra de mettre un terme à l’emploi précaire, notamment en interdisant les « contrats zéro heure », qui n’offrent aucune garantie aux travailleurs. Une première étape concrète pourrait être la réforme de la directive « déclaration écrite »que la Commission doit présenter en décembre.

Il faut également porter une attention particulière aux publics à risque ; les salariés particulièrement touchés par la précarité de l’emploi, comme les femmes, les jeunes travailleurs, les travailleurs âgés, les migrants, ainsi que les personnes souffrant de handicap.

« Cela fait plus de 20 ans qu’un sommet social n’avait été organisé. Les attentes sont importantes et ne peuvent être déçues. La Commission doit prendre ses responsabilités et les Etats-membres ne pourront pas pointer « Bruxelles » du doigt si ce Sommet ne traduit pas dans les faits un engagement politique commun. Il faut saisir l’opportunité et mettre en place, avec les autorités européennes, des mécanismes de coordination, des politiques et des instruments financiers qui garantissent la justice sociale en Europe. »

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