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L’autorisation du glyphosate renouvelée pour 5 ans

La faute à…

 

Une majorité d’États membres (18) a souhaité autoriser le glyphosate, substance présente dans de nombreux herbicides, pour 5 ans supplémentaires, reniant ainsi le principe de précaution, au détriment de la santé des citoyens relayée notamment au Parlement européen.

Ainsi en ont décidé, le Danemark, l’Espagne, les Pays-Bas, la Pologne, la Bulgarie, la République Tchèque, la Tchécoslovaquie, l’Irlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, la Roumanie , la Slovaquie, la Finlande, la Suède, mais aussi l’Allemagne, qui en faisant volte-face, a permis d’atteindre la nécessaire majorité qualifiée (plus de 65% de la population), ainsi que le Royaume-Uni, alors que les Britanniques négocient en ce moment-même leur départ de l’Union européenne.

S’y sont opposés (9), la Belgique, la France, le Luxembourg, l’Italie, l’Autriche, la Croatie, Chypre, la Grèce et Malte. Le représentant du Portugal s’est, quant à lui, abstenu, comme l’avait fait l’Allemagne lors du vote précédent.

Le Centre international de recherche sur le cancer, agence de l’Organisation Mondiale de la Santé, a classé cette substance comme «  cancérigène probable ». Pourtant, la Commission européenne remettait cette nocivité en doute lorsque je l’interrogeais dernièrement : « Il existe à présent un large consensus scientifique selon lequel le glyphosate n’est pas cancérogène. » en fonction d’analyses de ses propres agences.

En justice, le doute profite à l’accusé. Il faut croire qu’il en va autrement en termes de santé.

Plus que regrettable, la décision de ce jour est irresponsable. Et le glyphosate de prouver son pouvoir de nuisance: « la faute à l’Europe » est déjà sur toutes les lèvres. Raison pour laquelle je tenais tout de même à épingler les 18 États qui, au Conseil, n’ont pas voulu de l’interdiction. Les ministres cdH, Carlo Di Antonio et Céline Frémault, ministre wallon et ministre bruxelloise de l’Environnement, ont déploré à juste titre la décision européenne de prolonger l’autorisation du glyphosate. Je les rejoins dans la volonté d’en interdire la commercialisation depuis l’échelon fédéral, et possiblement d’y associer d’autres pays, comme la France, tout en permettant aux agriculteurs de se tourner dès à présent vers les alternatives. Malheureusement, la nuisance du glyphosate ne connaît pas de frontières et force est d’admettre qu’une majorité de représentants a balayé le doute de dangerosité, faisant ainsi peser le fardeau sur toute l’Europe.

 

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