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Réaffirmer la valeur ajoutée de l’Europe sociale

La Commission européenne relance la dynamique sociale de l’Union européenne, à l’horizon 2025. Face au rejet grandissant du projet européen, et pour répondre à celles et ceux qui se sentent exclus des préoccupations politiques, il est urgent de tendre la main aux États pour réaffirmer la valeur ajoutée de l’Europe sur le plan social.

Cette initiative positive de la Commission européenne vise à amplifier la dimension sociale en relançant la concertation, afin d’adapter nos modèles sociaux aux enjeux actuels et à venir.

Des pistes de réflexion qui s’inscrivent dans la dynamique du livre blanc sur l’avenir de l’Europe et dans la lignée de la déclaration de Rome dans laquelle les dirigeants se sont expressément engagés à la réalisation d’une Europe sociale. Elles rassemblent les divers outils légaux (directives, chartes, principes…) et proposent un cadre pour les initiatives nouvelles. Les multiples crises qui touchent l’Union européenne et les réponses apportées jusqu’ici n’ont pas enrayé le développement des inégalités, doublées à présent d’un sentiment d’insécurité. Face aux taux de chômage alarmant, singulièrement chez les jeunes, et compte tenu des évolutions économiques et technologiques, il est urgent de repenser nos modèles sociaux.

La réflexion qui s’ouvre devra rapidement être suivie des mesures concrètes. Pour ce faire, il est primordial de s’appuyer sur la relance du dialogue social en impliquant les partenaires sociaux, et en favorisant l’échange de bonnes pratiques entre États membres et leur soutien au niveau national.

Parmi les priorités, il faut mettre un terme au dumping social.  Tout travailleur doit pouvoir se déplacer au sein de l’Union européenne en ayant la garantie que ses droits sociaux sont respectés.

Pour permettre cette mobilité, la révision de la directive « détachement » doit aboutir dans les meilleurs délais, et il faut, en parallèle, favoriser le développement économique endogène des États qui en ont le plus besoin.

Dans ce document de réflexion, la Commission évoque plusieurs scénarios en lien avec les pistes du Livre blanc. Il faut impérativement approfondir la dimension sociale, en permettant aux États membres qui veulent avancer davantage dans la voie de la convergence de le faire.

Cette convergence sociale vers le haut au niveau européen constitue le meilleur rempart face au dumping et aux autres acteurs de la société mondialisée et une attention particulière doit être accordée aux minimas de protection sociale.

La Commission évoque aussi les évolutions vers plus de flexibilité. Travailleurs comme entreprises ont besoin de prévisibilité et de sécurité. Je pense que le contrat à durée indéterminée doit rester la référence et qu’il faut organiser la portabilité des droits qui sécurisent le parcours des travailleurs, quelle que soit la forme de leur contrat, afin de répondre aux évolutions.

Si le développement de l’emploi doit être une priorité, il faut également œuvrer à l’amélioration des conditions de travail. Il faut pour cela permettre aux salariés de rester actifs jusqu’à l’âge de leur retraite, et les protéger efficacement contre les risques en matière de santé liés à l’exercice de leur travail (dimension psycho-sociale, contact avec des substances dangereuses…)

De la qualité du travail dépend considérablement la qualité de vie, c’est pourquoi il est fondamental de permettre de mieux concilier vie professionnelle et vie privée.

Depuis la présidence de Jacques Delors, l’Union européenne n’a pas suffisamment répondu aux attentes des salariés. La montée des populismes et des sentiments hostiles au projet européen démontrent l’absolue nécessité d’apporter une réponse sociale améliorant concrètement la vie quotidienne des travailleurs.

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