Mon coup de coeur

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Les salauds de l’Europe: Un livre à mettre entre toutes les mains

On connaît le franc parlé et la corrosivité du journaliste Jean Quatremer. Des institutions européennes, il connaît le moindre recoin, et l’histoire européenne n’a guère de secrets pour lui qui, depuis 27 ans suit ces questions pour le quotidien « Libération ».

Il « rentre fédéraliste au Berlaimont, le nom de l’immeuble principal de la Commission » et il en « sort souverainiste ». Une bonne partie des eurocrates le considèrent comme un eurosceptique car il n’hésite pas à critiquer les responsables et les institutions européennes (il a notamment été à la base de la démission de la Commission Santer en 1999). Par contre, dans son pays, la France, il est perçu comme un ayatollah du fédéralisme par les nationalistes de tous poils.

Son dernier livre « Les salauds de l’Europe » est un guide à l’usage des eurosceptiques. Avec rigueur, pédagogie et passion, il démonte, les unes après les autres, les erreurs voire les mensonges qui circulent sur l’UE. Il le fait sans pour autant quitter sa posture critique. Il pointe les insuffisances, les fautes, les hypocrisies, la bureaucratie, tout en les resituant dans leur contexte.

Au moment où le projet européen semble vaciller, où les replis nationalistes reprennent vigueur, où les « faits alternatifs » deviennent un mode de communication, Jean Quatremer fait œuvre utile. Un livre plein d’intelligence et de pédagogie. Un livre, à mettre entre toutes les mains.

«Les salauds de l’Europe» Jean Quatremer – Calman Levy


Plongée dans les eaux troubles du FN

« (…) en reconstruisant une vision du monde, en s’appuyant sur de nouveaux auteurs et en réutilisant discrètement les anciens, elle a rendu la pensée d’extrême droite encore plus solide et plus ambitieuse. Marine Le Pen n’a pas le moins du monde liquidé l’extrême droite. Elle lui a donné de nouvelles forces ».

En s’immisçant « Dans la tête de Marine Le Pen », Michel Eltchaninoff nous offre un outil de déconstruction du discours du Front national. Il montre comment celui-ci s’est modernisé mais également en quoi il reste terriblement dangereux et dans la lignée de ce que l’extrême droite a toujours mis en avant.

La haine du juif, s’est transformée en haine du musulman que l’on associe systématiquement avec l’extrémisme islamiste. L’image d’un pays idéalisé. « Hier , c’était mieux », les traditions respectées ; l’ordre régnait. Le Front national fait appel au « vrai peuple ». Celui qui pense comme le FN. Les autres, ils ne font pas partie de ce « vrai peuple », ils sont, disent-ils, au service de l’étranger ou de la finance. Les mots racistes ont été expurgés mais sont remplacés par des allusions tout aussi malsaines et bien comprises par ceux qui se perçoivent comme faisant partie de la race des élus. Dans cet ouvrage, les discours du FN sont analysés ; les contradictions mises en évidence. On y lit la dénonciation de l’étranger qui menace soi-disant la France et sa culture, mais aussi l’idéalisation de Poutine et de son système politique par les frontistes.

Un livre de combat, pour comprendre la nature des discours du FN et dénoncer sa démagogie. Un livre des plus utiles pour combattre l’extrême droite, même si nous savons que c’est surtout en construisant des solutions concrètes, en particulier à destination des plus fragiles, en luttant contre le chômage et contre la pauvreté, en redonnant ses lettres de noblesses à l’Education permanente que nous renforcerons la démocratie.

 « Dans la tête de Marine Le Pen » – Michel Eltchaninoff (Docteur en philosophie et rédacteur en chef à  « Philosophie Magazine » – Publié par Solin/Actes Sud 01/2017 


« Mon djihad »: itinéraire d’un repenti

Les actes terroristes qui secouent notre planète ne sont malheureusement pas une nouveauté. L’histoire nous montre que différentes vagues se sont succédées. Je n’évoquerai que l’attentat qui a provoqué la première guerre mondiale, les attentats organisés par les indépendantistes israéliens, puis par des groupes agissant au nom du peuple palestinien. Les attentats des groupes d’extrême gauche comme les brigades rouges en Italie, la RAF en Allemagne ou ceux d’extrême droite, comme à Oslo en 2011 ou contre la mosquée de Dresde en 2016.
Aujourd’hui, c’est le terrorisme islamique qui fait régulièrement la une de l’actualité. Ces groupes mettent en danger nos démocraties, ils s’attaquent à tous ceux qui ne pensent pas comme eux, d’abord au dépend de leurs frères en religion.

« Mon djihad » est un livre remarquable dans la mesure où il donne la parole à un repentis, celui qu’on appelait « l’émir des Buttes de Chaumont ». Son témoignage, plein d’humanité décrit comment un processus de radicalisation violente peut s’opérer. Il permet de mieux comprendre en évitant les simplifications. Il permet surtout de montrer qu’il est possible de s’en sortir, que cette folie meurtrière peut-être combattue.

Une leçon d’humanisme porteuse d’espoir.

 « Mon djihad, itinéraire d’un repenti » par Dounia BOUZAR et Farid BENYETTOU publié chez « Autrement »


La saine colère d’Asli Erdogan

Asli Erdogan a été libérée mais risque toujours de lourdes peines. Sa seule faute: écrire.  « Actes Sud » publie quelques uns de ses textes. « Mots qui circulent dans l’obscurité hurlante comme happés dans une tornade. Comme arrivant à l’instant du pays des morts, dispersés par un vent de colère, les mots qui se séparent et s’unissent, s’allument et s’étreignent, et meurent pour qu’un monde se recrée…« 

Après la tentative de coup d’Etat en Turquie, Asli Erdogan – qui n’a pas de lien de parenté avec le Président turc, Recep Tayip Erdogan – a été emprisonnée puis relâchée. Elle n’est pas disculpée et lors de son procès, elle risque la prison. Ce qu’on lui reproche: avoir fait son métier de journaliste, avoir écrit des textes qui dénoncent la violence et l’arbitraire. C’est avec sa plume qu’Asli Erdogan mène son combat pour la liberté et la démocratie.

En soutien, les éditions « Actes Sud » ont décidé de publier un recueil reprennant quelques uns de ses textes. Dans « Le silence même n’est plus à toi », l’auteure décrit la réalité qui se déroule sous ses yeux. Elle l’exprime avec colère, mais aussi avec poésie. Elle y précise également le sens de sa démarche « sobrement, personnellement, simplement, je ne veux pas être complice. Je ne veux pas être complice des rafales de balles qui s’abattent sur des femmes, des enfants et des vieillards essayant de s’extirper des décombres, cramponnés au drapeau blanc. »

Un livre à acheter, un livre à lire! Par solidarité, car lire est aussi un acte politique, mais également par plaisir, car tous ces écrits sont de qualité.


Aux côtés des réfugiés avec « Eldorado »

En ces temps troublés, « Eldorado » est un livre à conseiller absolument. L’auteur, Laurent Gaudé (prix Goncourt avec « Le Soleil des Scorta »), nous fait entrer dans un double suspense, au coeur de la vie des réfugiés. Après une telle lecture, quelque soit le point de vue de départ, il n’est plus possible de penser ce que l’on appelle « la crise des réfugiés » sans intégrer la réalité humaine.

Une lecture poignante et passionnante que je vous conseille vivement. (Laurent Gaudé – Eldorado – J’ai lu – publié chez Actes Sud en 2006).

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« La grande Guerre dans les grandes lignes »

Mise sur pied par l’IV-INIG en collaboration avec la Fondation M.E.R.Ci de Marche-en-Famenne, cette exposition itinérante relate l’histoire de la Première Guerre mondiale, et notamment le point de vue de la Province de Luxembourg. Ce fut pour moi l’occasion de rappeler l’importance du devoir de mémoire, à plus forte raison aujourd’hui, au vu de la situation à laquelle les réfugiés fuyant la guerre sont confrontés. Si nos grands-parents n’avaient pas été accueillis, quand ils fuyaient la barbarie nazie, d’autres lorsqu’ils tentaient d’échapper aux dictatures, comme celle des Colonels en Grèce, le régime de Franco en Espagne ou l’Estado Novo de Salazar au Portugal, nous n’existerions tout simplement pas. D’où l’importance de témoigner.

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[L’expo a lieu du 14 au 18 septembre, de 8h30 à 18h00, au Bureau d’information du Parlement européen en Belgique, Rue de Trèves 3, 1050 Bruxelles]


« Le Médaillon de la vengeance »

« Le Médaillon de la vengeance » de Jean-Pierre Echterbille est un joli cadeau. Une énigme qui nous fait traverser l’Ardenne au XVème siècle. De Muno à Bertrix, de Neufchâteau à Sedan en passant par Bouillon, l’auteur nous tient en haleine de la première à la dernière page. Un moment de plaisir, une lecture à ne pas rater.


Déjà, à l’est de Berlin…

Le-saviez-vous-BerlinVoici 25 ans, la population allemande faisait tomber le mur de Berlin, emportée par un élan de liberté. Si l’on célèbre, à juste titre, ce symbole d’une Europe réunifiée, il ne faudrait pas occulter l’une de ces inspirations: une autre histoire de la grande Histoire. Elle s’est passée à Varsovie, à 600km à l’est du rideau de fer durant les années 1980. Solidarnosc, premier syndicat libre polonais, a lancé un mouvement social de grande ampleur en s’élevant contre le régime rigide solidement ancré en Pologne. Les avancées sociales seront considérables et, en regard de combats passés, réprimés dans le sang, la mutation de la société obtenue sans affrontements ni victimes tient de l’exploit. Grâce à sa témérité et à un sens aigu de la politique, Lech Walesa, ancien ouvrier de chantiers naval et leader de ce mouvement a réussi à démanteler un régime des plus autoritaires. Il est certain qu’en juin 1989, de nombreux Allemands auront jeté un regard par-dessus le mur vers la Pologne où Solidarnosc remportait les élections. Quelques mois plus tard, ils décidaient à leur tour de prendre leur destin en mains. Je suis d’autant plus heureux que le Parlement européen ait choisi de célébrer l’épisode berlinois sur son espace dédié à Solidarnosc. Pour unir les peuples, il est aussi important de faire tomber les murs que les œillères.

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