Méga camions mais risques mini !

Print Friendly, PDF & Email

En 2014, 25.700 personnes ont perdu la vie sur les routes européennes, selon des chiffres dévoilés par la Commission européenne, dont 615 dans notre pays.

L’IBSR déplore que de plus en plus d’accidents mortels impliquent des poids lourds. Comme le disait la Commissaire en européenne en charge des Transports, Violeta Bulc: « Chaque mort sur la route est une mort de trop. Notre but ultime est 0 mort sur les routes européennes. Nous savons bien qu’il n’est pas atteignable, mais nous essaierons de nous en rapprocher le plus possible ».

C’est pourquoi lors de la dernière session plénière de Strasbourg, j’ai voté en faveur d’un texte régissant les dimensions et poids maximum des camions (également appelés « méga-camions »). Le commerce et le transport doivent être assurés dans les meilleures conditions, tant sur le plan social qu’en matière de sécurité. Ce texte vise non seulement à renforcer la sécurité routière, mais également à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il consiste en l’ajout de dispositifs aérodynamiques rétractables à l’arrière des véhicules et en la mise en place de cabines de conduite arrondies, qui offriront dorénavant une meilleure vision d’ensemble au conducteur. Saviez-vous que chaque année, on dénombre entre 350 et 400 accidents corporels entre un camion et un usager faible, dont une trentaine est directement due à l’angle mort ?

Ces poids lourds « nouvelle génération » devraient être en circulation à partir de 2022. On ne peut que se réjouir qu’ils soient plus sûrs et plus écologiques !

Enfin, d’ici fin 2016, la Commission prévoit de présenter deux propositions législatives importantes en matière de sécurité routière: la révision de la réglementation relative à la formation des conducteurs professionnels et le réexamen du cadre européen relatif à la gestion des infrastructures routières. Une Europe plus humaine passe aussi par des routes plus sûres !

Sous le fouet, la liberté d’expression

Print Friendly, PDF & Email

Badawi

Raïf Badawi, ce nom vous dit peut-être quelque chose ? Son histoire mérite en tous les cas toute notre attention. Accusé d’apostasie pour avoir fondé un site Internet nommé « Réseau libéral saoudien » considéré comme insultant l’islam, ce blogueur et écrivain a été condamné en mai 2014 à dix années d’emprisonnement et mille coups de fouet par le tribunal pénal saoudien de Djedda. Pour ajouter l’insulte à l’injustice, il écopait aussi d’une amende d’un million de riyals saoudiens (soit environ 228.000 EUR). Le jugement du tribunal lui interdit également d’utiliser les médias et de quitter le pays pendant dix ans à l’issue de sa peine.

Raïf Badawi doit recevoir 50 coups de fouet consécutifs en public tous les vendredis après la prière. Début janvier, il subissait une première cinquantaine de coups de fouet, lui occasionnant des blessures si profondes que les médecins ont estimé qu’il ne survivrait pas à une nouvelle flagellation.

Je suis indigné et choqué par la punition inhumaine qui lui est infligée et ce, pour avoir exercé son droit le plus strict, celui de tout individu: la liberté d’expression. Le Parlement européen a adopté à une très large majorité une Résolution sur le cas de Raïf Badawi en Arabie Saoudite[1] en février dernier. Il y « condamne vigoureusement la flagellation de Raïf Badawi, y voyant un acte de cruauté révoltant des autorités saoudiennes » et demande la libération immédiate et sans condition, de ce militant des droits de l’Homme, considéré comme un prisonnier d’opinion. Ce cas est symptomatique des atteintes à la liberté d’expression et d’opposition pacifique en Arabie Saoudite, comme le dénonce le Parlement européen. Plus largement, il est le symbole de la « doctrine d’intolérance et d’interprétation extrémiste du droit islamique prônée par le royaume ».

Je participais dernièrement au rassemblement organisé devant l’ambassade d’Arabie saoudite par Amnesty International afin de dénoncer cette sanction d’un autre âge ; malheureusement toujours appliquée par certains régimes répressifs. Je suis solidaire des prisonniers d’opinion en Arabie Saoudite comme ailleurs et, en tant que parlementaire européen, fervent défenseur des droits de l’Homme, je défendrai fermement leur droit à la liberté d’expression.

 Lien vers la pétition d’Amnesty International

[1] Résolution du parlement européen du 12 février 2015 sur le cas de Raïf Badawi en Arabie Saoudite (2015/2550(RSP)) :

 

Pas de sang sous les crampons !

Print Friendly, PDF & Email

Qatar 2022

Une Coupe du Monde de football au Qatar est-elle opportune ? D’aucuns se posaient la question en raison du climat qui y sévit… Que les footballeurs soient rassurés, la coupe s’y jouera durant l’hiver et la climatisation fonctionnera à plein ! Cela, c’est pour 2022… Mais d’ici là et pour cela, combien d’ouvriers se tueront à la tâche dans des conditions de travail s’apparentant à de l’esclavagisme ? Les chantiers de la Coupe du Monde sont un véritable enfer. J’ai récemment rencontré au Parlement européen une délégation syndicale de travailleurs népalais. Plusieurs parlementaires, dont Ivo Belet et moi, de même que la CSC Bâtiment-Industrie, ont ainsi prêté une oreille attentive à la situation pour le moins révoltante qu’ils nous rapportaient. Dans la main d’œuvre constituée d’immigrés à plus de 90% (dont 40% de Népalais), les morts au travail se comptent en centaines et les blessés, en milliers ! Travail forcé sous les 50°, pas d’accès à l’eau potable, des conditions sanitaires déplorables, des logements insalubres… voilà ce à quoi sont confrontés au quotidien les ouvriers de la Coupe du Monde, dans l’irrespect total des normes internationales en matière de droit des travailleurs.

Les autorités en charge de la préparation de la Coupe du monde se sont dites « profondément préoccupées » et « considèrent la question avec le plus grand sérieux ». Dont acte. Mais au-delà des mots, il faut aussi que l’influante FIFA s’empare de la question et pèse de tout son poids pour stopper l’hémorragie et faire respecter les droits des travailleurs, et, plus largement, ceux des êtres humains !

Le football est une fête, mais pas au prix du sang des travailleurs, pas au mépris de la dignité humaine, pas au prix de l’esclavage. La FIFA et les entreprises européennes qui travaillent sur ces chantiers doivent prendre leurs responsabilités. Qu’ils soient conscients que nous les « marquerons à la culotte »!

 

 

Le second souffle du dialogue social

Print Friendly, PDF & Email

social

Réenchanter le projet européen et rendre l’Europe plus humaine, c’est là mon engagement, celui du cdH, et mon combat quotidien au sein du Parlement européen. Cet ambitieux projet nécessite, on le sait, de profonds changements dans le fonctionnement de l’Union européenne. Parmi ces défis figure en bonne place la relance du dialogue sociale européen, 30 ans après « Val Duchesse[i] ». Les accords qui en sont issus permettent de fixer un socle commun de règles sociales à respecter dans tous les États membres et d’ainsi éviter des distorsions, tel le dumping social auquel l’Europe est actuellement confrontée.

Si le rôle des partenaires sociaux est crucial, force est de constater que le dialogue social européen est actuellement en panne. Il est même en danger dans plusieurs Etats membres. Or, pour rapprocher l’Europe de ses citoyens, il importe de développer des mesures sociales, et dès lors d’accentuer le rôle des partenaires sociaux afin qu’ils puissent peser davantage dans la définition des politiques européennes.

La Commission européenne, par la voix de son Président, Jean-Claude Juncker, s’est engagée à remettre le dialogue social au-devant de la scène. Ces promesses doivent déboucher sur des réalisations concrètes. En ce sens, un premier pas a été effectué le 5 mars dernier avec la tenue, à la Commission, d’une conférence de Haut niveau ayant pour objectif de marquer le nouveau départ du dialogue social européen. Cette conférence, à laquelle je participais volontiers, compte tenu de mon attachement à la démocratie sociale, a permis à la Commission de réaffirmer la nécessité de relancer ce dialogue avec les acteurs qui l’instruisent au quotidien.

Il s’agit d’une première étape, mais le chemin est encore long. Lorsqu’elles aboutissent, les discussions entre représentants des travailleurs et des employeurs donnent lieu à des accords entre eux. Mais, de la même façon que nous nous y attachons en Belgique, il est indispensable que le pouvoir exécutif – en l’occurrence la Commission européenne – s’en saisisse afin de transformer ces textes en véritables législations. J’interrogeais dernièrement la Commissaire européenne en charge de l’Emploi et des Affaires sociales, Marianne Thyssen, afin de connaitre le plan d’action de la Commission et la place accordée au dialogue social. Au Parlement européen, au sein de la Commission de l’Emploi et des Affaires sociales, je mets un point d’honneur à ce que le dialogue social soit pris en considération. Je n’en attends pas moins de la Commission, dont j’examinerai les actes de près, et c’est aussi, j’en suis convaincu, le souhait des citoyens.

 [i] l’Europe célèbre le 30ème anniversaire du lancement de la coopération avec les partenaires sociaux européens à Val Duchesse en 1985. L’instauration du dialogue social avait pour objectif d’impliquer les partenaires sociaux au processus de création du marché unique.

Print Friendly, PDF & Email

Qatar

Du sang sous les crampons!

Des centaines de morts, des milliers de blessés. C’est la réalité sur les chantiers de la future Coupe du monde au Qatar. Ce matin, au Parlement européen, nous recevions une délégation de la Fédération générale des syndicats népalais.

Le football est une fête. Mais pas au prix du sang des travailleurs, pas au mépris de la dignité humaine, pas au prix de l’esclavage. La FIFA et les entreprises européennes qui travaillent sur ces chantiers doivent prendre leurs responsabilités. Qu’ils soient conscients que nous les « marquerons à la culotte »!

Newsletter Février 2015

Print Friendly, PDF & Email

Au sommaire: la situation de la Grèce, l’étiquetage des viandes, le rail luxembourgeois et le dumping social dans le secteur acier.

Bonne lecture!

Lire la newsletter

 

Print Friendly, PDF & Email

TTIP: un « nouveau départ » qui n’en est pas un…

TTIP

Cette semaine, les négociateurs européens et américains entament le « huitième round » de négociations en vue de conclure un accord de commerce et d’investissement (TTIP). La Commission, les négociateurs américains et européens – aidés en cela par de nombreux et puissants lobbys – s’activent pour rassurer la population sur le contenu des négociations.

Ce qui aurait pu (aurait dû) constituer un nouveau départ après une période, disons, de tâtonnements, n’est pas vraiment de nature à rassurer l’opinion publique, méfiante, on le sait, à l’égard de ce traité. Et, en tant que député européen, je trouve effectivement la situation préoccupante.

En effet, les récentes déclarations de Bill Craft, assistant du Secrétaire d’État américain, John Kerry, et à ce titre, l’un des principaux négociateurs américains, renforcent notre demande d’une suspension des négociations afin, notamment, de revoir le mandat de la négociation.

Le diplomate américain affirme notamment que le traité stimulera l’emploi. Or les prévisions les plus optimistes ont été remises en cause par différentes études, ainsi que dans un rapport très critique du Parlement européen. Outre une augmentation modeste du PIB estimée dans le meilleur des cas à 0,5% pour l’ensemble de l’Europe, différentes sources attestent de la menace pour l’emploi que pourrait représenter un tel accord.

Par ailleurs, il serait pertinent de savoir si, dans le cadre de cette négociation, les États-Unis sont prêts à ratifier les différentes conventions de l’Organisation Internationale du Travail qui protège les droits des salariés.

Tout aussi interpellant: lorsque M. Craft déclare que le Traité doit englober le plus de domaines possibles en n’imaginant pas « que l’agriculture, par exemple, n’y soit pas incluse ». Le principe de précaution qui prévaut en Europe est, certes, compatible avec la méthode américaine qui se fonde sur des « preuves scientifiques indiscutables« , mais, par essence, il se veut plus large que la seule protection et nous ne pouvons accepter d’y déroger. Les exclusions et le respect des normes de santé, des normes sociales, sanitaires, environnementales, que nous voulons contraignantes et en faveur desquelles la société civile s’est exprimée à maintes reprises ne semblent pas prises en considération de l’autre côté de l’Atlantique. Citons, pour autre exemple, l’exception culturelle et l’audiovisuel, qui suscitent peu d’enthousiasme côté américain: « Les exceptions devront être minimales (…) Nous n’avons jamais dit que nous ne discuterions pas de l’audiovisuel, mais nous notons que les Français ont dit qu’ils ne voulaient pas en parler.« , a déclaré Bill Craft face aux médias.

Autre pierre d’achoppement, le négociateur américain réaffirme sa volonté d’établir un mécanisme de règlement des différends entre entreprises étrangères et autorités publiques (Tribunaux d’arbitrage, ISDS). Or, la récente consultation publique menée par la Commission européenne, montre qu’une majorité de citoyens n’en veut pas. Et pour cause, le risque de dérives via l’ingérence d’entreprises privés existe et il est inacceptable qu’un organe puisse limiter la juridiction des États-membres; ceci d’autant que les deux parties disposent d’outils de juridiction performants.

Les États-Unis sont, certes, un partenaire important pour l’Union européenne, mais la négociation d’un tel traité ne se limite pas au commerce, il met en cause le modèle même de société européenne. Les négociateurs devraient profiter de leur venue à Bruxelles pour entendre l’expression des citoyens qui s’opposent ou, à tout le moins, questionnent légitimement cette négociation. (On ne compte plus le nombre de communes qui se déclarent opposées à ce traité.) C’est pourquoi, je continue à réclamer, avec le cdH, la suspension des négociations, afin de procéder à une évaluation démocratique (associant Parlement européen et Parlements nationaux) de la progression des négociations, et pour redéfinir le mandat de négociation en en limitant l’ambition à ce qui serait effectivement un accord « win win ».

Plus fondamentalement, cette négociation pose la question de la priorité pour l’Union européenne. Je ne suis pas opposé au principe d’une négociation avec les États-Unis, ni à l’économie de marché, pourvu qu’elle soit socialement régulée, ni au libre-échange, pourvu qu’il soit équitable, mais je suis convaincu de la nécessité première de concentrer nos efforts sur la résolution des difficultés socio-économiques et sur la relance des investissements, plutôt que sur l’élargissement de l’espace de marché. L’Europe doit se voir non pas comme une annexe à un espace atlantiste, mais bien comme un acteur et un partenaire à part entière dans un monde multipolaire.

Print Friendly, PDF & Email

Charlie, le TTIP, Luxleaks, les OGM… voici le menu de la newsletter de janvier.

Lire la newsletter