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Strasbourg, le 5 juillet 2017

Communiqué de presse

Claude Rolin, Député européen

 Stratégie industrielle de l’UE : une vision et des moyens communs

 Le Parlement européen a adopté ce jour une résolution visant « L’élaboration d’une stratégie ambitieuse de l’UE en tant que priorité stratégique pour la croissance, l’emploi et l’innovation en Europe ». Pour Claude Rolin, la réussite de ces objectifs nécessite l’engagement des États membres dans une seule et même direction, en y consacrant les moyens nécessaires.

Au cours des vingt dernières années, la contribution de l’industrie européenne au PIB de l’Union a chuté de 19% à moins de 15,5%. Ce recul s’explique notamment par la crise financière, mais également par la priorité accordée par l’Union, durant des années, à l’économie de services, au détriment de l’activité industrielle.

Un emploi européen sur cinq provient du secteur de l’industrie, mais les fermetures d’entreprises se succèdent partout en Europe. Une situation intenable, tant sur le plan social qu’économique. Pour Claude Rolin, seule une politique industrielle ambitieuse et commune au niveau européen, pourra permettre d’inverser la tendance et de réussir la nécessaire mutation de l’industrie européenne :

« Il faut permettre la réindustrialisation de l’Europe afin de donner un coup de fouet à l’économie réelle. Cela nécessite des engagements communs à l’échelle européenne, notamment sur le plan budgétaire pour protéger nos industries de base (secteurs sidérurgiques, de la construction, etc.), et des investissements dédiés aux produits à haute valeur ajoutée, innovants, durables, et économes en énergie, pour accompagner la transition et rester compétitifs. »

La résolution adoptée ce jour rappelle que « plus de la moitié des exportations européennes et environ 65% des investissements dans la R&D » concernent l’industrie. Claude Rolin insiste pour que soit maintenu l’objectif de 20% du PIB de l’Union provenant de l’industrie d’ici 2020. Pour ce faire, et en vue de la « stratégie holistique pour le secteur industriel » que présentera la Commission en mars 2018, Claude Rolin suggère la mise en commun de moyens financiers supplémentaires et défend la stratégie suivante :

  • Permettre une concurrence équitable grâce à de nouvelles règles antidumping : exiger le respect de mêmes règles au niveau mondial, notamment en dépassant, comme le propose le Parlement européen, les propositions de la Commission européenne concernant les nouvelles règles sur le calcul des droits de douane, notamment dans le cadre des produits venant de Chine, et assurer une capacité de production d’acier européen ;
  • Mettre fin au dumping social au niveau européen, en adoptant notamment sans délai la directive sur détachement des travailleurs et ainsi assurer une saine concurrence au sein du marché unique ;
  • Permettre l’émergence de champions industriels européens, en modifiant les règles de concurrence et en y consacrant des moyens financiers supplémentaires ;
  • Redynamiser le dialogue social, pour garantir l’intérêt commun en impliquant chaque acteur dans la définition des objectifs stratégiques. Il est nécessaire de rassembler les partenaires sociaux européens actifs dans les secteurs de l’industrie afin de les associer à cette politique industrielle européenne ;
  • Soutenir la Recherche & Développement mais aussi la commercialisation de nouveaux produits industriels, étape souvent coûteuse et pourtant crucial pour les entreprises ;
  • Respecter les engagements climatiques ambitieux et accompagner les entreprises, afin qu’elles puissent s’y conformer.

« Le tout n’est pas d’avoir une vision commune. Il faut se donner les moyens de ses ambitions. Les États membres doivent confier à l’Union européenne une partie de leurs prérogatives pour consacrer l’intérêt commun (formation, chaines de valeur communes, synergies, etc.) et consentir à des moyens complémentaires par le biais d’une intégration budgétaire au niveau européen. », souligne Claude Rolin.

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Strasbourg, le 4 juillet 2017

Communiqué de presse

Claude Rolin, Député européen

 Formes de travail précaire : tous les travailleurs doivent bénéficier d’une protection sociale

L’Union européenne doit renforcer ses efforts afin de lutter efficacement contre les emplois précaires, l’abus des formes atypiques de travail et toute absence de sécurité d’emploi. Ces formes de travail sont en hausse en Europe et l’Union européenne se doit d’adapter les règles en vigueur pour éviter une baisse de qualité de l’emploi et une augmentation des faux indépendants. C’est ce que conclut un nouveau rapport adopté ce jour par le Parlement européen.

Pour Claude Rolin, qui a négocié le dossier au nom de son groupe, le PPE : « Ce rapport est un premier pas important afin de juguler les formes d’emploi précaire et le risque qu’elles font peser sur la de qualité d’emploi et les conditions de vie. Pour la première fois, le rapport propose une définition des « emplois précaires » au niveau européen, mais aussi des mesures en adéquation avec l’Agenda de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour le Travail décent et la Charte sociale européenne ; ce qui facilite l’identification et la lutte contre de potentielles formes de travail néfastes. »

Claude Rolin appelle la Commission européenne, ainsi que les États membres, à garantir des conditions de travail décentes, en ce compris dans les nouvelles formes de travail issues de l’ère numérique et de l’économie collaborative. La protection sociale doit être assurée pour chaque travailleur au sein de l’Union européenne, sans quoi les conséquences à long terme des formes de travail précaire pourraient se traduire par une augmentation du risque de pauvreté et affaiblir les droits fondamentaux des travailleurs.

Le présent rapport met également l’accent sur la protection de publics à risque ; les salariés particulièrement touchés par la précarité de l’emploi, comme les femmes, les jeunes travailleurs, les travailleurs âgés, les migrants, ainsi que les personnes souffrant de handicap

« Cette année et plus encore l’an prochain, la création d’une Europe sociale et adaptée à la modernité, sera au centre des préoccupations politiques, dans la droite ligne du Socle européen des Droits sociaux. » conclut Claude Rolin.

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Socle européen des droits sociaux : entrainer les États dans une dynamique socialement positive

Le « socle européen des droits sociaux » présenté le 26 avril dernier vise à inciter les États à tirer vers le haut les droits et les protections des citoyens. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique positive, qu’accueille d’ailleurs favorablement la Confédération européenne des Syndicats.

Si sa concrétisation relèvera en priorité de la responsabilité des gouvernements nationaux, des autorités publiques et des partenaires sociaux à tous les niveaux, l’Union européenne doit également prendre sa part de responsabilité en proposant des initiatives législatives dans le respect des Traités actuels.

Pour ce faire, un certain nombre de principes et de droits fondamentaux ont été déterminés afin de garantir le bon fonctionnement des marchés du travail et des systèmes de protection sociale. Un tableau de bord social permettra le monitoring des progrès réalisés, en tendant vers plus de convergence des conditions de vie et de travail au sein de tous les États membres participants.

Afin de ne pas freiner ceux qui voudront aller plus avant, ce socle a été conçu en particulier pour la zone euro, dont on sait que la politique commune en matière sociale est le parent pauvre, mais il s’applique également à tous les États membres qui souhaitent y prendre part, grâce à un pouvoir d’incitation.

Concrètement, il s’agit d’une liste de 20 principes qui s’articulent autour de trois thèmes :

  • Égalité des chances et accès au marché du travail ;
  • Conditions de travail équitables (droits fondamentaux garantis quel que soit le type de contrat) ;
  • Protection sociale adaptée aux nouveaux types d’emplois et insertion sociales.

L’Union européenne mettra à disposition des États participants ses différents instruments :

  • Législation européenne, en mettant l’accent sur l’application de l’acquis communautaire, mis à jour et complété au besoin ;
  • L’essentiel dialogue social ;
  • Les orientations politiques et recommandations, via le semestre européen et la coordination des politiques économiques ;
  • Le soutien financier, via les fonds européens.

Une première série de mesures législatives concernant l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, l’accès à la protection sociale et l’information pour les travailleurs accompagnent cette communication. Preuve que la Commission européenne ne souhaite pas laisser aux Etats membres le monopole de la politique sociale. J’espère cependant que d’autres initiatives législatives au niveau de l’Union européenne suivront dans le cadre du programme de travail de la Commission, afin de développer de manière concrète les 20 principes évoqués dans ce pilier européen des droits sociaux. Je ne manquerai d’ailleurs pas d’interpeller la Commission afin notamment de disposer d’un agenda clair en ce qui concerne ces prochaines propositions législatives.

On peut, bien sûr, se réjouir du fait que les matières sociales se hissent dans les grandes priorités de l’Union européenne. Cela permet de renforcer la pression sur les États membres qui doivent les traduire en action et/ou législation au niveau approprié.

La Commission européenne insiste d’ailleurs sur l’importance du sacro-saint principe de subsidiarité, selon lequel « la responsabilité d’une action publique, lorsqu’elle est nécessaire, revient à l’entité compétente la plus proche de ceux qui sont directement concernés par cette action ». Autrement dit, les États gardent bien la mainmise sur les politiques dont ils ont la coresponsabilité, mais il convient d’éviter la concurrence au sein même de la zone euro.

Sans se suffire à lui-même, ce socle européen des droits sociaux a le mérite de permettre d’améliorer l’application des législations existantes et de pallier certains manquements, en concertation avec les différents acteurs dont les partenaires sociaux.

Dans mon travail quotidien au Parlement européen, je refuse de considérer l’Europe sociale comme une chimère, car, s’il y a fort à faire, les possibilités existent et doivent être saisies. De plus, le modèle social européen reste un exemple au niveau mondial. En tant que vice-Président la commission de l’Emploi et des Affaires sociales, je ne manque pas d’insister, avec de nombreux collègues, sur la nécessité de mettre l’accent sur le volet social des dossiers Emploi.

Dans cette même optique de progrès, la Commission européenne présente sa réflexion sur la dimension sociale (voir article à ce sujet) que peut/doit revêtir l’Union européenne. Nous devons en concrétiser les idées, une fois concertées, afin de tenir compte des réalités changeantes du monde du travail et des différences au sein de la zone euro, en améliorant la convergence sociale. Ce vaste débat entre autorités de l’UE, États membres, partenaires sociaux, société civile et citoyens, est loin d’être abouti, mais il appartient à tous les acteurs de saisir la balle au bond, comme la Commission en offre aujourd’hui l’occasion, pour faire de l’Europe sociale une réalité.

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Réaffirmer la valeur ajoutée de l’Europe sociale

La Commission européenne relance la dynamique sociale de l’Union européenne, à l’horizon 2025. Face au rejet grandissant du projet européen, et pour répondre à celles et ceux qui se sentent exclus des préoccupations politiques, il est urgent de tendre la main aux États pour réaffirmer la valeur ajoutée de l’Europe sur le plan social.

Cette initiative positive de la Commission européenne vise à amplifier la dimension sociale en relançant la concertation, afin d’adapter nos modèles sociaux aux enjeux actuels et à venir.

Des pistes de réflexion qui s’inscrivent dans la dynamique du livre blanc sur l’avenir de l’Europe et dans la lignée de la déclaration de Rome dans laquelle les dirigeants se sont expressément engagés à la réalisation d’une Europe sociale. Elles rassemblent les divers outils légaux (directives, chartes, principes…) et proposent un cadre pour les initiatives nouvelles. Les multiples crises qui touchent l’Union européenne et les réponses apportées jusqu’ici n’ont pas enrayé le développement des inégalités, doublées à présent d’un sentiment d’insécurité. Face aux taux de chômage alarmant, singulièrement chez les jeunes, et compte tenu des évolutions économiques et technologiques, il est urgent de repenser nos modèles sociaux.

La réflexion qui s’ouvre devra rapidement être suivie des mesures concrètes. Pour ce faire, il est primordial de s’appuyer sur la relance du dialogue social en impliquant les partenaires sociaux, et en favorisant l’échange de bonnes pratiques entre États membres et leur soutien au niveau national.

Parmi les priorités, il faut mettre un terme au dumping social.  Tout travailleur doit pouvoir se déplacer au sein de l’Union européenne en ayant la garantie que ses droits sociaux sont respectés.

Pour permettre cette mobilité, la révision de la directive « détachement » doit aboutir dans les meilleurs délais, et il faut, en parallèle, favoriser le développement économique endogène des États qui en ont le plus besoin.

Dans ce document de réflexion, la Commission évoque plusieurs scénarios en lien avec les pistes du Livre blanc. Il faut impérativement approfondir la dimension sociale, en permettant aux États membres qui veulent avancer davantage dans la voie de la convergence de le faire.

Cette convergence sociale vers le haut au niveau européen constitue le meilleur rempart face au dumping et aux autres acteurs de la société mondialisée et une attention particulière doit être accordée aux minimas de protection sociale.

La Commission évoque aussi les évolutions vers plus de flexibilité. Travailleurs comme entreprises ont besoin de prévisibilité et de sécurité. Je pense que le contrat à durée indéterminée doit rester la référence et qu’il faut organiser la portabilité des droits qui sécurisent le parcours des travailleurs, quelle que soit la forme de leur contrat, afin de répondre aux évolutions.

Si le développement de l’emploi doit être une priorité, il faut également œuvrer à l’amélioration des conditions de travail. Il faut pour cela permettre aux salariés de rester actifs jusqu’à l’âge de leur retraite, et les protéger efficacement contre les risques en matière de santé liés à l’exercice de leur travail (dimension psycho-sociale, contact avec des substances dangereuses…)

De la qualité du travail dépend considérablement la qualité de vie, c’est pourquoi il est fondamental de permettre de mieux concilier vie professionnelle et vie privée.

Depuis la présidence de Jacques Delors, l’Union européenne n’a pas suffisamment répondu aux attentes des salariés. La montée des populismes et des sentiments hostiles au projet européen démontrent l’absolue nécessité d’apporter une réponse sociale améliorant concrètement la vie quotidienne des travailleurs.

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Des rives européennes dérive la Hongrie


Une opinion parue dans La Libre Belgique (08/04/2017) et actualisée le 5 mai 2017

Lorsque l’on franchit la porte de l’Union européenne, les valeurs communes ne sont pas écrites sur le paillasson. Comme tout autre Etat membre, lors de son adhésion à l’UE, la Hongrie s’est engagée à les défendre. Pas plus tard que le mois dernier, son Premier ministre, Viktor Orban, signait la Déclaration de Rome, réaffirmant un avenir commun pour les « pays européens qui respectent nos valeurs et s’engagent à les promouvoir ». Ces valeurs qu’il n’a de cesse de fouler aux pieds.

En adoptant une nouvelle loi menaçant l’existence des Instituts d’enseignement étrangers ne possédant pas de campus dans leur pays d’origine, le Parlement hongrois s’en prend à la liberté académique.

Une décision arbitraire qui vient s’ajouter aux écarts démocratiques du dirigeant hongrois, comme autant de coups de canif au contrat liant ce pays à l’Union européenne.

M. Orban aurait-il la mémoire courte ?

On est en droit de le penser lorsque les autorités hongroises construisent une clôture à la frontière avec la Serbie pour contrer l’immigration, oubliant que ces individus fuient comme, en d’autres temps (1), près de 200 000 Hongrois fuyaient vers les pays occidentaux pour échapper à la répression, ou quand, en 1989, l’Europe faisait tomber les murs.

On est en droit de le penser quand M. Orban évoque le rétablissement de la peine de mort alors que la Hongrie a ratifié la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales du Conseil de l’Europe qui en stipule, noir sur blanc, l’abolition.

On le pense encore en apprenant que les ONG, la presse indépendante et à présent des universités sont menacées d’exercer, à l’instar de l’Université centrale européenne, installée à Budapest par le philanthrope Georges Soros, qui accueille plus de 1 400 étudiants. (Il semble loin le temps où M. Orban étudiait à Oxford en bénéficiant d’une bourse de la Fondation Soros, aujourd’hui devenue sa bête noire.)

Force est de s’interroger également à la lecture de la récente consultation populaire intitulée, sans équivoque, « Stoppons Bruxelles », adressée aux citoyens hongrois et les invitant à « combattre les propositions erronées » (2) (sic) de l’Union européenne en matière de migration.

Pour toutes ces raisons, il est nécessaire de rappeler à la Hongrie et à ses dirigeants, via la procédure de l’article 7 relative à l’Etat de droit, que toute union comporte des engagements; en l’occurrence, le respect des droits fondamentaux défendus par l’Union européenne ne peut souffrir d’exception.

Au sein des différentes institutions, des voix s’élèvent pour dénoncer ces attaques répétées à l’encontre de la démocratie et des valeurs de l’Union européenne. Une mise en garde et des critiques dont les députés du Fidesz – parti de M. Orban – ne sont pas exempts au sein du Groupe du Parti populaire européen (PPE).

Le 26 avril dernier, la Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction contre la Hongrie au sujet de sa loi sur les universités étrangères. Dans sa « mise en demeure » adressée au gouvernement hongrois, la Commission estime que la loi hongroise en question soulève plusieurs problèmes juridiques, en termes de droit primaire, par rapport à la directive ‘Services’, la liberté d’établissement étant concernée, mais aussi par rapport aux principes généraux de la Charte des droits fondamentaux.

Au Parlement européen, de nombreux députés s’insurgent contre les dérapages de M. Orban. Ainsi, au sein même du Groupe PPE où siègent 12 membres du Fidesz, parti du Premier ministre hongrois, plusieurs députés, de nationalités diverses, appellent à l’exclusion du Fidesz, estimant que la ligne rouge a été franchie. Les différents groupes politiques déposeront des résolutions à ce sujet lors de la prochaine session plénière qui se tiendra à Strasbourg à la mi-mai. Il va sans dire que je les soutiendrai, comme je l’ai fait par le passé, car on ne peut tolérer ces écarts démocratiques.

En se plaçant volontairement à la périphérie d’une Union européenne dont ils renient les principes, les autorités hongroises font le jeu d’une désintégration européenne, dont leur population serait la première victime. Par ailleurs, d’autres Etats membres empruntent, à des degrés divers, le même chemin.

Ceux que l’on appelle les « pères fondateurs » de l’Union européenne nous ont permis de quitter les rives des nationalismes étroits en nous indiquant le chemin vers le fédéralisme européen. Aujourd’hui, l’Europe se trouve certainement au milieu de la rivière, là où les courants sont les plus forts, les turbulences les plus vigoureuses, la profondeur la plus grande. Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent se montrer dignes de leurs populations. L’acceptation de dérives autoritaires et le repli sur les nationalismes représentent un grand risque. Plus que jamais, il est nécessaire de progresser vers plus d’intégration, vers plus et mieux d’Europe en réaffirmant les valeurs du projet européen et l’impératif, pour chaque Etat membre, de les partager.

(1) Insurrection de Budapest, contre les politiques imposées par l’URSS (1956)

(2) « (…) fill out the questionnaire to support the Government’s efforts to combat mistaken proposals on the part of Brussels. » http://www.kormany.hu/en/cabinet-office-of-the-prime-minister/news/the-national-consultation-packages-are-already-being-delivered-including-a-letter-from-the-prime-minister

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Le Traité de Rome a 60 ans.
Et demain?


Nous commémorons les 60 ans du Traité de Rome, instituant en 1957 la Communauté économique européenne (CEE). Il représentait l’affirmation d’un avenir commun, fondé sur des valeurs fortes, comme la paix, les droits de la personne humaine, la démocratie, et, au-delà de l’essentielle création du marché commun, l’amorce de politiques communes, en agriculture notamment, et sur le plan social avec la création du Fonds social européen destiné à soutenir la croissance et à offrir des perspectives d’emplois et de reconversions plus équitables. Bien sûr, ce projet a dû être approfondi dans les décennies qui ont suivi, et il doit encore l’être aujourd’hui, mais cet embryon d’espace de paix, de sécurité, de prospérité et de développement économique et social pour les citoyens européens est le résultat d’une formidable et ambitieuse aventure humaine.

On l’oublie trop souvent, mais l’Union européenne représente un havre de paix. Un modèle unique au monde alliant liberté et solidarité, et place l’homme, son développement, son autonomie, sa conscience, au cœur de toutes politiques. Il y a eu, certes, de notables « ruptures au contrat » et nous devons les dénoncer fermement, les empêcher. Dans la même optique, il faut lutter contre l’intrusion de la violence dans nos pays, et garantir la sécurité aux frontières et au-delà de l’UE, notamment avec l’établissement d’une défense européenne. Mais reconnaissons que dans la course du temps, le projet européen a fait ses preuves en matière de paix. Cette entente est un joyau. Toutes générations confondues, les citoyens doivent en être conscients, car ceux qui ont connu la guerre ou sont actuellement au cœur d’un conflit, n’ont de cesse de le rappeler. Il ne faut pas attendre que la paix soit menacée pour se rendre compte de sa valeur.

A l’heure où le Brexit va être officiellement acté, il est difficile de savoir ce que l’avenir réserve à notre UE. En revanche, il ne faut pas être grand clerc pour se rendre compte que l’Union européenne est à un tournant de son histoire. Le projet européen est le fruit d’évolutions constantes, mais aujourd’hui, le rêve a fait place au désenchantement. Différentes crises ont étrillé le projet européen, à plus forte raison ces dernières années, et sans doute les réponses apportées n’ont-elles pas été des plus adéquates. La diversité, hier perçue comme une richesse, une véritable valeur ajoutée, est aujourd’hui vue d’un mauvais œil. Un ressentiment nourri par la peur de l’autre qu’attisent les mouvements extrémistes et les égoïsmes nationaux. À l’heure où le repli sur soi fait de plus en plus d’adeptes, alors que la sortie de l’Union et de l’euro sont présentées par certains comme des remèdes miracles, il faut proposer une alternative crédible, lancer une dynamique nouvelle pour convaincre les citoyens du bienfondé de notre projet commun.

Tout d’abord, l’Union européenne doit réaffirmer ses valeurs fondatrices et refuser que ce socle commun ne se lézarde. Que l’Europe soit traversée de lignes de tensions n’est pas neuf. Que des conceptions différentes de la souveraineté s’y affrontent non plus. Mais que le cœur philosophique formé par les principes de responsabilité et de solidarité ait perdu de sa vigueur est très inquiétant. L’intérêt européen doit prévaloir et chaque citoyen doit être en mesure de le percevoir. Pour cela, l’Union doit être la solution, pas une partie du problème. C’est pourquoi il faut un sursaut européen.
A l’occasion des récentes évolutions, tout en célébrant cet anniversaire important, ce momentum est devant nous. Il faut saisir l’occasion. À 28 États, la méthode communautaire a toujours été à la peine. Il n’en sera pas autrement demain, à 27, si on ne change pas les règles du jeu. L’Europe doit passer à l’offensive. C’est justement maintenant que l’Union européenne devrait formuler des projets, rendre la coopération européenne indispensable, se montrer passionnante et passionnée. Les chefs d’États et de gouvernements ont aussi une grande part de responsabilité dans la mode actuelle de « la faute à Bruxelles ». Pour que l’Europe soit au rendez-vous d’un monde globalisé, il faudra avancer avec celles et ceux qui souhaitent progresser.

D’autre part, on sait aujourd’hui que le commerce et le volet « concurrence » ne peuvent être l’alpha et l’oméga du développement de l’Union. On a construit le marché européen, et il convient de donner à l’Europe les moyens de ses ambitions, notamment en levant un impôt européen pour doter le budget européen de ressources adéquates. Mais le plus grand investissement à consentir doit être en faveur de l’Europe sociale. Avec le concours des États et en dynamisant le dialogue social, l’Union européenne doit combattre les inégalités et ne laisser aucun citoyen au bord du chemin, car ce sont les laissés-pour-compte, issus de tous milieux sociaux confondus, qui continuent à grossir les rangs des mouvements qui menacent l’existence même de l’Union européenne.

Il faut réfléchir aux trois zones : la zone euro, les pays destinés à la rejoindre, qui auront aussi voix au chapitre, et les États qui veulent seulement participer à un marché. Je suis convaincu qu’un véritable gouvernement économique, disposant notamment d’outils fiscaux, permettrait de relancer la croissance. Au cœur de ce projet doit figurer la réindustrialisation de l’Europe, afin de donner un coup de fouet à l’économie réelle. Le Président de la Commission a récemment déposé sur la table plusieurs scénarios ; avant cela, le Parlement européen s’était prononcé sur les grandes lignes du contour européen. Pour ma part, je crois que la création d’une Europe à plusieurs orbites est indispensable pour aller de l’avant. S’il est essentiel de partager des valeurs, il faudra une véritable volonté politique pour défendre notre souveraineté et le bienfondé de l’Union. C’est avec « plus » et « mieux » d’Europe, et non en nous recroquevillant sur ces micro-espaces à l’échelle du monde que consituent les États européens, que nous pourrons défendre nos intérêts, nos valeurs, renforcer notre modèle social et envisager plus sereinement l’avenir et ses défis.

Lire l’article 22 mars
Lire l’article Rapport cancer
Interviews
Conseil lecture Dans la tête de Marine Le Pen

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Conférence-débat

« Entreprises et Droits humains. Rôle et perspectives pour l’Union européenne »

– Regards croisés du Nord et du Sud –

 


Organisé par Claude ROLIN, Entraide et Fraternité, CIDSE et CIFCA

 En collaboration avec Broederlijk Delen, Solidarité Mondiale, Commission Justice et Paix, Red europea de los comités O. Romero.

07.03.2017 – de 10:00 à 12:00

* Prévoir d’arriver vers 9h40 à l’Infopoint pour l’accréditation. Inscription obligatoire*

Parlement européen, Bruxelles

Rue Wiertz 60, salle JAN 6Q1


Inscription jusqu’au 2 mars: veuillez envoyer vos nom, prénom, date de naissance, nationalité, numéro d’identité, organisation et fonction à mailto:conference@entraide.be

 Interprétation : Français – Anglais – Espagnol

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Au programme de ma newsletter: le rapport relatif au socle des droits sociaux, les dossiers à venir en commission de l’Emploi et des Affaires sociales et la construction d’une Europe sociale, les interviews sur les mesures de protectionnisme et les relations entre UE et US (La Première – RTBF), un conseil lecture « Le silence même n’est plus à toi » d’Asli Erdogan, et l’invitation à la conférence relative au projet de traité contraignant (7 mars 2017).

Bonne lecture!

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Socle européen des droits sociaux: le réveil de l’Europe sociale

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Le Parlement européen a adopté un rapport relatif au socle européen des droits sociaux. C’est un premier pas vers le renforcement du modèle social européen, mais qui devrait être suivi des faits. Et donc du soutien des Etats-membres.

La construction européenne ne peut se poursuivre sans une véritable empreinte sociale. On le défend régulièrement: il faut établir une convergence progressive des droits sociaux au sein des différents Etats membres et tirer ceux-ci vers le haut.

 Différentes mesures pourraient être bénéfiques pour les citoyens, telles que:

  • Mettre l’aspect social et l’aspect économique sur un pied d’égalité, notamment en introduisant un protocole social dans les traités;
  • Etablir une directive-cadre sur les conditions de travail qui permettra, entre autres, de réguler les formes nouvelles de travail et d’utilisation des services (la fameuse Überisation). Sans un meilleur encadrement législatif de ces pratiques modernes, on va affaiblir la protection des travailleurs des différents secteurs;
  • Etablir un salaire minimum dans l’ensemble des Etats membres et avec le concours de ceux-ci. Par contre, je regrette que l’objectif d’arriver progressivement à 60% au-moins du salaire moyen national n’ait pas été retenu;
  • Permettre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, en demandant à la Commission européenne de formuler des propositions législatives relatives au congé de maternité et de paternité, au congé parental, au congé pour promulguer des soins, et des mesures d’assouplissement de l’horaire de travail;
  • Assurer un soutien financier adéquat à la mise en place du pilier social. Il faut se donner les moyens d’avancer!

Le bien-être des citoyens de l’Union passe par des conditions de travail décentes. Elles ne sont pas du tout rencontrées par les contrats de type « zéro heure » qui rendent l’emploi précaire. Il faut donc y mettre un terme et renforcer le dialogue social entre les entreprises et les travailleurs.

Avec l’indispensable collaboration des Etats membres – on y revient toujours – l’Union doit progressivement gommer les divergences et inégalités et mettre en place des mécanismes de coordination des politiques et des instruments financiers appropriés pour être, aux yeux du monde, un exemple de justice sociale. Les crises successives et défis à venir (mondialisation accrue, changement climatique, migration, vieillissement, faibles taux de natalité, pénurie de ressources naturelles…) ne peuvent empêcher cette convergence sociale vers le haut, car le risque serait grand de dénaturer et même de miner le projet européen.

Lire l’article Europe sociale
Programme de la conférence
Ecouter les interviews
Conseil lecture Asli Erdogan

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Faire briller 2017 et « empêcher que le monde ne se défasse »

Joyeux Noël et Bonne année!

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« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. »

C’est, entre autres, avec ces mots que l’écrivain Albert Camus – humaniste s’il en est – accueillait son prix Nobel de littérature en 1957.

Écouter Albert Camus – Discours de Suède pour l’attribution de son Prix Nobel – 1957

60 ans plus tard, soit autant d’années après le Traité de Rome, constitutif de l’Union européenne, les temps ont changé, mais ces mots font écho à l’Europe et au monde que nous connaissons. L’année 2016 s’est révélée particulièrement violente et douloureuse. Ce monde que nous voudrions réinventer, est le théâtre de nombreux conflits et antagonismes qui font oublier l’humain. Et c’est précisément cette humanité que nous devons avant tout préserver, et cette Union que nous devons, chaque jour, prémunir contre la désunion.

Au Parlement européen, je recommencerai l’année avec des dossiers qui me tiennent à cœur. Tout d’abord un rapport relatif aux substances carcinogènes et mutagènes présentes dans différents environnements de travail et qu’une directive viendra mieux encadrer.

Il sera également question des conditions de travail, et singulièrement du travail précaire, dans un rapport en cours d’élaboration et pour lequel je suis également shadow rapporteur.

Nous traiterons également de la protection internationale des personnes sans papiers, et d’un statut uniforme pour les réfugiés ; question cruciale s’il en est en ces temps bouleversés.

Enfin, je vous invite à d’ores et déjà bloquer la date du samedi 4 février dans votre agenda pour le Congrès du cdH consacré aux sujets européens. Des ateliers-débats thématiques et des intervenants de qualité seront au programme et nous ne manquerons pas de vous en reparler.

Me reste à vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année, avec un espoir : que l’année 2017 fasse oublier le pire et mette en exergue le meilleur !

Joyeuses fêtes à toutes et tous et bonne année 2017!

Claude Rolin

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Lire l’article « CETA »
Voir l’émission « Ici l’Europe »